Les Fées

Les Fées de Charles Perraultillustrations de Philippe Dumas
Le thème au centre de ce conte c'est le thème de la mère et plus particulièrement des mauvaises mères. Là aussi la forêt n'est pas le lieu des mystères mais des rencontres qui joue sur notre destin. Il est amusant de constaté que la cadette n'a pas d'identité l'on ne connait pas son prénom contrairement à l'aînée qui possède un prénom d'une grande laideur Fanchon.
Cartes de famille : Les Fées-réalisé quand j'étais intervenante BCD





Les mots de Sartre
Gallimard Jeunesse 1964
"J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand-père, il y en avait partout. Défense était faite de les épousseter sauf une fois l’an, avant la rentrée d’octobre. Je ne savais pas encore lire que, déjà, je les révérais, ces pierres levées ; droites ou penchées, serrées comme des briques sur les rayons de la bibliothèque ou noblement espacées en allées de menhirs, je sentais que la prospérité de notre famille en dépendait. Elles se ressemblaient toutes, je m’ébattais dans un minuscule sanctuaire, entouré de monuments trapus, antiques qui m’avaient vu naître, qui me verraient mourir et dont la permanence me garantissait un avenir aussi calme que le passé."
Dans Les Mots, il raconte son enfance et revient sur la grande découverte de sa vie : la littérature. Le livre est divisé en deux partie "lire et "écrire.
Ce livre vient après La Nausée, l'Être et le Néant et Les Mains sales, dans ce livre il se confie sur son enfance, car tout se joue dans l'enfance.
Un très beau passage où Sartre évoque un très beau souvenir de la lecture des Fées de Charles Perrault par sa mère.
"Que veux-tu que je te lise mon chéri ? Les Fées ?"Je demandais, incrédule : "Les Fées, c'est là-dedans ?"Cette histoire m'était familière : ma mère me la racontait souvent quand elle me débarbouillait, en s'interrompant pour me frictionner à l'eau de Cologne, pour ramasser, sous la baignoire, le savon qui lui avait glissé des mains, et j'écoutais distraitement le récit trop connu ; je n'avais d'yeux que pour Anne-Marie, cette jeune fille de tous mes matins ; je n'avais d'oreilles que pour sa voix troublée par la servitude ; je n'avais d'oreilles que pour sa voix troublées par la servitude ; je me plaisais à ses phrases inachevées, à ses mots toujours en retard, à sa brusque assurance, vivement défaite et qui se tournait en déroute pour disparaître dans un effilochement mélodieux et se recomposer après un silence. L'histoire ça venait par dessus le marché ; c'était le lien de ses soliloques. Tout le temps qu'elle parlait nous étions seuls et clandestins, loin des hommes, des dieux et des prêtres, deux biches au bois, avec ces autres biches, les Fées ; je n'arrivais pas à croire qu'on eût composé tout un livre pour y figurer et épisode de notre vie profane qui sentait le savon et l'eau de Cologne."
Il s'agit d'une magnifique rencontre autour du livre lu par sa mère. Les sens du petit Jean Paul Sartre sont en éveille les odeurs celles du savon et de l'eau de Cologne, l'ouï, la voix de la mère qui lit l'histoire, le toucher pour laver le jeune enfants. Ce moment intime entre un fils et sa mère est réconfortant, l'enfant se sent en sécurité et choyé.
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