Maurice Sendak : Quand Papa étaient loin

 

Quand papa était loin  Traduit par Bernard Noël 
 École des Loisirs 1984
C'est un album plus connu dans les pays anglo-saxon sous le titre "Outside Over There" : "Ici là-bas".
 1981 chez Harper and Row


Otto Runge : les enfants Hulsenbeck 
Quand Papa était loin est le troisième album qui clôture la trilogie. Sur la couverture le Papa est absent. Il n'y a que Ida et sa petite soeur présentent. Une fille tient à la main un cor et de l’autre un bébé. Les couleurs sont douces, pastels, les marguerites sont immenses. Le titre et le nom de l’auteur de l’album sont encadrés dans une cartouche. Le peintre Philipp Otto Runge a influencé Maurice Sendak pour les illustrations de son album.

 

Rentré dans l’album avec une double page illustration, le rideau s’ouvre, le texte est dans une cartouche, il confirme le titre, le père est absent. Une petite fille, Ida vit avec sa mère et sa petite sœur, le père est marin. La mère est avec ses enfants regardent au loin les bateaux. Et le père est parti en mer. Sur la page de gauche deux hommes ou lutins Maurice Sendak s'est inspiré d' un conte des frères Grimm, les lutins. Ils sont  sans visage assis dans un petit bateau regarde au loin aussi. Le bébé est tourné de face en direction du lecteur.


Ensuite, sur la page de droite intérieure de la maison illustration et sur celle de gauche le texte. Ida joue du cor en tournant le dos à sa petite soeur.Elle  l’aime et la déteste à la fois. Ida joue du cor, le lecteur entend le son de l'instrument. 

Bébé regarde par la fenêtre. Le texte dit que Ida joue du cor pour bercer le jeune enfant mais cela n’est pas le cas. 


Les deux lutins sans visage ont pris une échelle pour entrer dans la maison et prendre l’enfant et à la place ils mettent un bébé de glace. Ida ne voit rien. Elle tourne le dos à sa petite sœur. Hop! un moment d'inattention, et des lutins enlèvent le bébé. Ida est folle de rage elle va tout faire pour retrouver sa petit sœur et la sauver. Ida est responsable de l'enfant en bas âge. Maurice Sendak a été très marqué  entant par l’affaire Lindbergh. En 1932 dans une grande maison du New Jersey, un bébé vient d’être enlevé ! Le conte de Grimm évoque aussi l'enlèvement d'enfant "Les lutins avaient emporté l'enfant pendant qu'il se trouvait dans le berceau, ils avaient mis à la place un changelin qui avait une grosse tête et des yeux vitreux "

La croyance dans les « changelins » s’inscrit dans la riche tradition des substitutions d’enfants. Le nom de « changelin » qui signifie « enfant changé » est un anglicisme 

Une mère laisse son enfant seul à la maison. Pendant ce temps, un être surnaturel fée, nain, elfe... arrache le marmot de son berceau pour le remplacer par un autre, laid et difforme. 


En mettant un manteau jaune et en tenant le cor,  Sendak nous dit qu’il est magique. Elle part à sa recherche ici et là bas, traduction du titre anglais.

La fillette jaune sur la boîte de sel à inspiré Sendak pour Ida et son ciré jaune ou manteau 


Page de gauche, le tout petit affolé. Les trois lutins vont emmener le bébé dans le petit bateau. Double page étrange à droite, la mère dans le jardin attend son mari, le bébé est dans une grotte, au milieu les deux lutins et en bas à gauche les marins. Ida dans son manteau jaune et pied nu flotte dans le ciel nuageux. Double page étrange Ida est descendue sur terre dans la grotte et elle s’est retrouvée parmi des bébés  identiques à sa sœur. L’illustration est sombre. Ida joue du cor et les bébés se mettent en mouvement. La nuit, Ida délivre les bébés qui se baignent dans la rivière avec plaisir.. Ida retrouve sa sœur, il rentre à la maison, il retrouve leur mère qui à des nouvelles de leur père. Il désigne Ida en grande fille protectrice de la mère et de la petite sœur. C'est le plus personnel des albums de Maurice Sendak, il s'est beaucoup inspiré de sa propre vie
Bébé, Maurice, était souvent gardé par sa grande sœur Natalie, plus âgée de neuf ans. Il était très souvent malade et ses parents se faisaient beaucoup de soucis sur son état de santé.



Peu de texte, les phrases sont courtes ressemble à une comptine, les émotions sont théâtralisées. La musique tient une grande place dans cet album plus particulièrement celle de Mozart.  Les images sont fortes et elles  dégagent une émotion inquiétante de peur qui peut intimider l'enfant. La peur d'être enlevée de chez soi. Pour ma part je trouve cet album magnifique et étrange une rêverie proche d'un cauchemar inquiétant.  

Mais aussi du travail de Randolph Caldecott et en particulier : 
Les trois joyeux chasseurs. Car c'est un livre musical animé et rythmé d'une fugue comique  ou d'une danse paysanne anglaise. Les personnages sont en mouvements. Ces trois chasseurs clownesque rougeauds, ballottés par leur montures, bedonnants et soufflant comme des forcenés dans leurs cors. 

Quand Papa était loin est aussi une transposition de la Flûte enchanté de Mozart



















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