Christian Bruel : Histoire de Julie





 Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon 
Christian Bruel - Anne Gailand collaboratrice
Antoine Bozellec : illustrations 
Édition d'origine Le Sourire qui mord 1976
Édition Être 2009
Édition Thierry Magnier 2014- 2026 pour les cinquante ans 

 Les cinquante ans d'Histoire de Julie est d’un album culte . 
Ces stéréotypes sont évoqués d’ailleurs dès la couverture. On y voit une enfant, Julie, et son ombre, une silhouette de garçon. La première joue avec une poupée, le second tient cette poupée la tête en bas avec un bâton dans l’autre main.Tout commence par un plan large sur une ville. Puis une chambre. Et voici Julie. Elle est allongée, un livre entre les mains. Des patins à roulettes aux pieds. C’est un dessin au trait. Noir et blanc. C’est réaliste, telle une photographie qui raconterait Julie. On y voit une cible pour jouer aux fléchettes, un poster d’indiens mais aussi un pierrot et une corde à sauter. Quelques détails sont en rouge : des fleurs sur un chapeau, le pot d’un cactus et les fameux patins. La mère s’interroge sur leur présence.

« Tu ne peux vraiment rien faire comme tout le monde. »

Et l’enfant répond.

« Je ne suis pas comme tout le monde, maman. Je suis Julie ! ».


Ce début donne le ton. Julie n’est pas ce que ses parents attendent d’elle. Elle n’est pas coiffée comme ils veulent. Elle n’est pas sage et jolie comme ils veulent. C’est un « garçon manqué » ! Très vite, l’expression sort de la bouche de la mère. L’illustration met en scène ce drôle de miroir : Julie fait pipi accroupie tandis que l’ombre est debout, elle porte des assiettes, tandis qu’il les fait tomber, elle tricote, tandis qu’il joue avec la pelote… Julie ne sait plus qui elle est. Est-ce qu’elle veut être un garçon ? Ce n’est pas la question. Elle veut juste être elle.


Histoire de Julie Qui avait une ombre de garçon 


Julie est une enfant qui s'affirme elle n'est pas comme tout le monde c'est JULIE et donc elle peut lire avec ses patins à roulette aux pieds. Elle n'a pas envie du tout d'être une petite fille modèle. Elle est un peu sauvageonne et ses parents disent qu'elle est un vrais garçon manqué. Un matin c'est pas croyable son ombre est celle d'un garçon (voir la couverture à gauche)

"Julie en a assez. Cette ombre étrange qui tout mélange et la dérange, que le diable la mange !" Elle désespère elle est peut-être bien un garçon manqué, elle doute sur son identité fille ou garçon. Dans le parc, elle fait la connaissance d’un garçon . Et tout le monde le traite de fille, il est comme Julie perdu. Tous les deux échangent leurs réflexions sur ce monde qui « chacun dans son bocal » : « Les cornifilles dans un bocal, les cornigarçons dans un autre, et les garfilles, on ne sait pas où les mettre ! » Un des premiers albums à aborder la question de l’identité de genre, et plus généralement les questions que se posent les enfants sur la sexualité. Un groupe de psychanalyste jungien, reconnurent dans cet album une variation sur l'idée jungienne d'animus et d'anima part masculine chez la femme et la part féminine chez l'homme. Un album qui fait réfléchir sur la sexualité chez l'enfant.

Commentaires