L'ami imaginaire
Moi et Rien
de Kitty Crowther
Pastel 2000
Dans le monde de Kitty Crowther, elle dit que la réalisation de cet album lui a pris deux jours.
Sur la couverture, Moi, une petite fille est au milieu d'un paysage désertique avec cinq cyprès. Elle porte une veste trop grande pour elle. Cette veste dans laquelle elle flotte et celle de son papa que Kitty aimait porter car il était souvent absent. La première double page, à gauche la dédicace à Anne Marie une de ses amis dont le frère c'est suicidé. Kitty Crowther dit aussi que la personne laisse un vide derrière elle. Je suis assez d'accord, en effet la personne que l'on aime décède un immense chagrin nous envahis accompagné d'un vide de l'absence.
Sur la première double page, page de droite, le titre Moi et Rien tapé à la machine à écrire et en bas rien un personnage de chiffon qui sourit à Moi. Deuxième double page, page de droite Moi (Lila) dont le regard est en direction d'un arbuste de lilas et de son ombre et en haut de l'arbre il y a un oiseau (le Gorge bleu). Cette double page est d'une grande douceur et très paisible. Cette veste est pour la petite fille un habit chaud et réconfortant. Kitty enfant était solitaire, elle est née avec un handicap, des problèmes d'audition et elle surmonte son handicap, elle ne parlera qu'à l'âge de quatre ans, elle a été appareillée à l'âge de six ans.
Rien est un personnage silencieux, un ange gardien avec un R majuscule, il symbolise l'absence, il est invisible, absent dès la première page. Le lecteur fait sa connaissance à la deuxième page comme le dit Kitty, ce personnage imaginaire est joyeux pour elle, c'est un personnage visible, il ressemble a un bonhomme de neige avec son nez en forme de carotte. Alors que les autres ne le voit pas, il est invisible. C'est le réalisme magique avec l'ami imaginaire. Il est question de l'irréel dans la réalité du quotidien
L'ami imaginaire la rassure lui donne des forces, il comble sa solitude.
Il a même son assiette pour le dîner. Quand elle était petite le père de Kitty disait que sur son assiette, il fallait que je laisse un petit quelque chose pour les Gobelin ou les lutins. L'invisible était convié à notre table.
Mimétisme entre le père et la fille tous les deux se font du soucis. Madame Nellis est une dame qui s'occupe de Moi (Lila) en l'absence du père, mais elle fait aussi office de mère. Le jardin de la maison de Moi est à l'abandon un véritable dépotoir ce n'était pas le cas.
Tous les deux, Lila et Rien aiment se réfugier dans le débarras même si c'est interdit. (Kitty Crowther dit qu'en Hollande où elle passait ses vacances à Veere, il existait une cabane de jardin similaire à ce débarras de son album. )
Lila souhaite faire revenir sa maman " C'est ici que Papa faisait germer les graines des fleurs aux noms extraordinaire du temps où Maman, était encore là" avec ses fleurs préférée les pavots de l'Himalaya. Ceux sont des fleurs qui demandent à ce que l'on s'occupe d'elles. Pour Lila sa mère était une princesse, elle est orpheline, mélancolique, elle lui manque. Rien et moi son séparé soit par le père soit par un arbre. Le vide est présent même Rien est absent Madame Nellis se fait du soucis, et le père a le nez dans le journal.
Lila se décide a planté les graines des pavots de l'Himalaya, a redonné vie à ce jardin en l'absence de son ami imaginaire. Elle rencontre un hérisson (c'est un clin d'œil à Béatrix Potter). Au printemps les pavots bleus ont poussé ainsi qu'un magnifique arbuste de lilas. Il y a un écho entre l'arbuste de Lilas et le prénom de la petite fille qui se nomme Lila. La fleur le lila symbolise le renouveau.
Lila est heureuse et elle partage sa paix intérieur avec son ami imaginaire. Son père va à la rencontre de sa fille dans le jardin, il la prend délicatement dans ses bras, elle a quitté sa veste trop grande, elle se sent plus légère. Il est fier de sa fille et il remarque qu'elle a le don de sa mère pour le jardin et faire pousser des fleurs.
La vie est apaisée, son père se décide de lui donner une boîte dans laquelle se trouve une poupée de chiffon fabriquée par sa mère qui ressemble à Rien. L'album se clôture sur une note inattendue.
Pour la réalisation de cet album elle s'est nourrit du Jardin secret de France Hodgson Burnett et de Tintin au Tibet (la mort est symbolisé par la neige)
Un album doux et délicat, autour du thème de la mort, de la solitude,
aux temps qui passe. Kitty Crowther dit la chose suivante fort juste :
"Ce qui me touche chez les gens, c'est qu'ils sont là avec leur passé, leur présent et leur devenir. J'aime raconter des moments de vie."
Un album bouleversant qui me touche beaucoup car il est d'une grande sensibilité à fleur de peau, j'ai découvert cet album quand j'étais intervenante BCD. Est ce que je l'ai lu a des enfants je ne m'en souviens pas du tout.
"Ce qui me touche chez les gens, c'est qu'ils sont là avec leur passé, leur présent et leur devenir. J'aime raconter des moments de vie."
Un album bouleversant qui me touche beaucoup car il est d'une grande sensibilité à fleur de peau, j'ai découvert cet album quand j'étais intervenante BCD. Est ce que je l'ai lu a des enfants je ne m'en souviens pas du tout.
Rapprochement de Moi et Rien avec ce conte d'Astrid Lindgren.
Britta Kajsa fille unique habite dans une petite maison au fond de la forêt avec ses parents pauvres dans des conditions de vie extrêmement modestes. L'isolement prend une place tellement importante que la petite fille crée une poupée imaginaire. Un beau jour, la poupée Mirabelle pousse dans le jardin , là où Britta-Kajsa a semé des graines mystérieuses données par un troll qui est passé un matin où ses parents étaient au marché. La poupée imaginaire est l'incarnation du désir de la petite fille de se sentir proche des autres, et d'avoir de l'amitié et de l'amour.
Le sentiment de solitude d'un enfant (de Lila dans l'album de Kitty Crowther) peut prendre bien des visages et des expressions , et la tristesse d'un enfant qui se sent soudain mis de côté dans sa famille était quelque chose qu'Astrid Lindgren percevait très bien .

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